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86 articles avec documents pro

L'acquisition de la propreté

Publié le par Isabelle (nounou)

Je vous propose un article trouvé sur le blog du RAM d'Issoire.

Il est clair, détaillé et complet.

Je n'aurais pas dit mieux... et je vais d'ailleurs insérer ce texte dans mon livret d'accueil!!

L'acquisition de la propreté

"Bonjour,

 

L'acquisition de la propreté est une préoccupation qui traverse toute famille lorsque les enfants approchent des 2 ans, notamment dans la perspective de l'entrée à l'école...

De fait, les personnes qui accueillent des enfants de moins de 3 ans (assistantes maternelles, personnel de structures collectives, grands-parents ou autres membres de la famille...) vont aussi être concerné-e-s par cette étape.

 

Première chose à savoir, et qui est de toute importance :

Tous les enfants deviendront propres entre 2 et 4 ans (un peu avant ou un peu après, selon les enfants), de manière naturelle, pour peu qu'on leur ait expliqué l'utilité de l'être, et l'endroit dans lequel cela se fait !

C'est-à-dire que cela est inscrit dans le développement ordinaire des enfants, et sauf pathologie particulière décelée par un médecin (énurésie avérée, encoprésie...voir définitions plus bas), il n'y a pas besoin d'apprentissage, mais seulement d'un accompagnement bienveillant.

Nous parlons ici de la propreté diurne. On considère, dans la plupart des cas, qu'elle est définitivement acquise à 5 ans (ce qui fait relativiser sur l'âge !).

 

  • Etre propre, qu'est-ce que ça veut dire ?

Cela signifie que l'enfant perçoit de lui-même son besoin (sensation d'inconfort), qu'il en a conscience (ce n'est plus un réflexe), qu'il peut se retenir (en contractant ses sphincters), qu'il est capable d'aller tout seul aux toilettes ou sur le pot (ou de demander, s'il est dans un endroit inconnu) puis de relâcher pour se soulager.

A ce moment-là, on peut parler de propreté acquise car il n'y a PAS d'intervention de l'adulte.

 

  • Quelles sont les conditions nécessaires à cette acquisition ?

On dit que l'enfant doit être "prêt", et ce que l'on entend par là c'est :

  1. une maturité physiologique
  2. une maturité intellectuelle
  3. une maturité affective.

 

Ces 3 conditions doivent être réunies, afin que cette étape se franchisse sans encombre.

 

  • La maturité physiologique concerne le fontionnement du corps : l'enfant doit pouvoir contracter et/ou relacher ses muscles sphinctériens de manière consciente et volontaire, et non plus par réflexe.

Ce qu'on appelle les sphincters, ce sont les muscles qui commandent l'ouverture et la fermeture de la vessie et du rectum.

Pour cela, il faut que certaines terminaisons nerveuses soient achevées. Quelques indices peuvent nous le montrer, comme par exemple, lorsque l'enfant sait monter un escalier seul, en alternant les pieds. Cependant, cet indice à lui seul ne suffit pas pour dire que l'enfant est prêt, car, il manque les 2 autres conditions...

 

  • La maturité intellectuelle suppose que l'enfant comprend ce que l'on attend de lui, qu'il en perçoit  un intérêt pour lui-même, qu'il a compris à quoi servent le pot et/ou les toilettes. Encore une fois, il peut tout à fait avoir compris, mais ne pas en être encore capable, physiologiquement, ou affectivement...Cette compréhension des choses est personnelle à chaque enfant. Il nous la montre soit à l'aide du langage, soit dans ses jeux, lorsque, par exemple, il installe nounours ou poupées sur le pot...

 

  • La maturité affective est d'une nature un peu plus complexe. Elle signe l'acceptation de l'enfant à bien vouloir grandir. Et grandir, c'est renoncer : renoncer aux couches, renoncer aux moments de soins lors des changes, abandonner son état de "bébé" pour devenir grand. Ce n'est pas facile pour l'enfant, qui se trouve souvent dans cette ambivalence : "je suis grand, mais quand même, je suis encore petit" !

Donc, cette maturité suppose que l'enfant a le désir d'être propre, et qu'il ACCEPTE (en plus de le comprendre) ce qu'on attend de lui...

 

  • Comment s'y prendre ?

 

Pas de recette miracle, mais quelques recommandations, et surtout certaines choses sont à éviter.

Patience, observation et bienveillance seront utiles à chaque parent ou adulte, pour accompagner au mieux l'enfant dans cette acquisition.

En s'aidant des 3 conditions expliquées ci-dessus, on peut facilement repérer où en est l'enfant dans sa compréhension des choses.

Ainsi, viendra le moment où il sera judicieux de sortir le pot et d'expliquer à quoi il sert, ou bien de montrer les toilettes et ce qu'on y fait !

L'enfant pourra s'asseoir sur le pot tout habillé au début, ou y mettre les poupées. De même, il sera intéressé de savoir ce qui se passe dans les toilettes... Ce sont des étapes intermédiaires.

Progressivement, on pourra proposer à l'enfant d'aller sur le pot, puis de ne pas mettre de couches, tout en s'assurant que cela ne le met pas en difficulté. Peut-être qu'il demandera de lui-même à ne plus porter de couches.

Verbaliser ce qui se passe, mettre des mots simples : "on dirait que tu as envie de faire pipi, tu peux venir le faire sur le pot", ou "tu vois, tu as fait (pipi ou caca) dans ton pot. C'est bien, tu grandis.".

On peut proposer à l'enfant de se déshabiller tout seul, d'enlever sa couche, de vider son pot tout seul dans les toilettes, et de tirer la chasse. Cela participe au processus d'autonomie, et valorise l'enfant dans la globalité de cette acquisition (je me déshabille tout seul, j'enlève ma couche et je vide mon pot...)

Cela peut être nécessaire d'expliquer à l'enfant ce qui se passe dans son corps : transformation de la nourriture et évacuation des déchets inutiles...

 

Ce qu'il faut éviter :

 

  • S'il est judicieux de proposer le pot plusieurs fois dans la journée à l'enfant au début, il est en revanche inutile de l'y mettre à heure fixe, ou toutes les 2 heures : en effet, il y a de fortes chances que cela "marche", parce que cela va correspondre au besoin naturel de l'enfant de faire (ou parce que l'on aura remarqué que l'enfant fait dans sa couche à telle heure...), mais il ne s'agira que d'un acte réflexe. Cela peut nous faire croire que l'enfant est propre, et le mettre en situation d'échec lorsqu'il sera confié à l'assistante maternelle, à la crèche ou à l'école, sans couche, et présenté comme étant "propre".

(C'est sûrement ce qui se passe pour les personnes, qui, en toute bonne foi disent "les miens étaient propres à 1 an"...)

En cas de doute, relire la définition plus haut !

 

  • On peut encourager l'enfant mais le féliciter à outrance ou le récompenser vient contredire l'idée que c'est un besoin physiologique personnel. On ne fait pas pour faire plaisir à papa, maman, nounou ou mamie, et ce n'est pas un cadeau (qu'en plus, on va jeter dans les toilettes !!!) !

 

  • Eviter de contraindre l'enfant, de le laisser des heures sur le pot, de le distraire pour qu'il reste sur le pot... Toutes ces attitudes risquent de parasiter son acquisition en l'éloignant de l'objectif principal qui est : ressentir et percevoir son besoin, afin de pouvoir le soulager.

 

  • Eviter de punir, fâcher lorsqu'il ne réussit pas, ou lorsqu'il y a des "accidents". S'il ne fait pas sur le pot, ou s'il y a beaucoup "d'accidents", c'est que c'est trop tôt. Alors, il vaut mieux renoncer et lâcher prise pour quelques jours, en parler sereinement avec l'enfant, et retenter plus tard lorsque ce dernier semble davantage prêt.

Par ailleurs, lorsqu'une pression trop grande pèse sur les enfants, ceux-ci peuvent, par un réflexe d'auto-protection, se braquer et refuser totalement de faire ce que l'on attend d'eux. Ceci mène en général au conflit et aux rapports de force. Or, nous savons bien que ce type de rapports est inutile et préjudiciable à un développement harmonieux.

   De plus, dans sa résistance à l'adulte, l'enfant peut développer des problèmes de constipations et/ou d'encoprésie plus ou moins graves et intenses...

 

 En conclusion, lorsque les 3 conditions de maturité sont réunies, l'acquisition de la propreté est une affaire de quelques jours, voire de quelques semaines, mais pas plus.

Un apprentissage dès 1 an est une aberration au regard des connaissances scientifiques actuelles sur le développement des enfants, et comporte des risques pour la santé de l'enfant.

L'acquisition de la propreté n'est pas un "dressage", mais simplement un accompagnement bienveillant de l'enfant dans sa compréhension des choses, dans la perception de ses sensations corporelles (je sens que j'ai envie de faire...), pendant lequel on va le guider avec des mots, des exemples...

La perspective de l'entrée à l'école, ne doit pas nous faire perdre de vue le bien-être de l'enfant.

***********************************************

Définitions :

Encoprésie : L'encoprésie est la défécation "involontaire" ou délibérée dans des endroits non appropriés chez un enfant d'âge chronologique et d'âge mental d'au moins 4 ans. Pour porter ce diagnostic, il faut que ce trouble survienne de façon durable (depuis au moins 6 mois) à une fréquence d'au moins une fois par mois.

(Source : http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_1281_encopresie.htm )

Enurésie : Le " pipi au lit" ou énurésie atteint environ 10 % des enfants, et plus fréquemment les garçons que les filles. L'énurésie est une miction active, complète, inconsciente, involontaire, se produisant pendant le sommeil. On ne peut parler d'énurésie qu'à partir de 5 ans, car c'est l'âge ou le contrôle physiologique du sphincter vésical (de la vessie donc) est acquis.

(Source : http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_863_e.htm )

 

A toutes et à tous, une belle journée."

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Nouveau guide pour les MAM

Publié le par Isabelle (nounou)

J'ai récemment reçu un mail par le biais de mon blog, de la part du ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes qui m'informait de la parution d'un guide relatif aux Maisons d’Assistants Maternels (MAM).

 

Je vous donne donc le lien pour pouvoir accéder à ce guide.

 

Bonne lecture !!

 

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Les peurs de l'enfant selon son âge

Publié le par Isabelle (nounou)

Les peurs de l'enfant selon son âge

Document trouvé sur Internet.

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Du nouveau concernant l'allocation de formation!

Publié le par Isabelle (nounou)

Source Site www.iperia.eu

REVALORISATION DE L’ALLOCATION DE FORMATION POUR LES ASSISTANTS MATERNELS

Jeudi 14 Janvier

Au 1er janvier 2016, l’allocation de formation pour les assistants maternels du particulier employeur est passée à 3,48€ nets par heure, suite à l’augmentation du SMIC. Cette allocation est versée lors d’un départ en formation dans le cadre du plan de formation, en dehors du temps d’accueil. Par ailleurs, pour tout départ en formation, les frais de vie sont entièrement pris en charge (transports, hôtels, repas…).

Du nouveau concernant l'allocation de formation!

Publié dans Formation, Documents pro

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La position assise.... OUI si elle est acquise, NON si elle est imposée

Publié le par Isabelle (nounou)

Je vous fais partager un article qui explique en détails pourquoi on ne doit pas asseoir les bébés tant qu'ils ne sont pas capables de s'y installer et de s'en sortir seuls.

La position assise.... OUI si elle est acquise, NON si elle est imposée
La position assise.... OUI si elle est acquise, NON si elle est imposée
La position assise.... OUI si elle est acquise, NON si elle est imposée
La position assise.... OUI si elle est acquise, NON si elle est imposée
La position assise.... OUI si elle est acquise, NON si elle est imposée

Publié dans Documents pro, Motricité

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Les enfants et les écrans

Publié le par Isabelle (nounou)

Par le RAM, nous avons été conviés récemment à une réunion concernant les écrans et les enfants mais je ne m'y étais pas rendue.

En navigant sur internet j'ai trouvé ce qui me semble être un très bon résumé sur la question.

 

Je vous fais donc partager ce que j'ai trouvé sur le site belge :

 

Pas de TV AVANT 3 ans :
L'enfant a d'abord besoin de mettre en place ses repères spatiaux, puis temporels. Les premiers sont construits à travers toutes les interactions avec l'environnement qui implique ses sens, et les seconds à travers les histoires qu'on lui raconte et les livres qu'il feuillette.
Evitez la télévision et les DVD dont les effets négatifs sont démontrés.
Les tablettes tactiles peuvent être utilisées au même titre que tous les jouets traditionnels, mais dans un accompagnement ludique.

Pas de console de jeu AVANT 6 ans :
Evitez la TV et l'ordinateur dans la chambre.
Fixez des horaires aux écrans et respectez les âges indiqués pour les programmes.
Préférez les jeux vidéos que l'on joue à plusieurs à ceux que l'on joue seul : les ordinateurs et les consoles de salon peuvent être un support occasionnel de jeu en famille, voire d'apprentissage accompagnés.
N'offrez pas une console ou une tablette personnelle utilisable à tout moment à votre enfant : à cet âge, jouer seul devient rapidement stéréotypé et compulsif.

Pas d'Internet seul AVANT 9 ans :

Evitez la TV et l'ordinateur dans la chambre.
Etablissez des règles claires sur le temps d'écrans.
Paramétrez la console de jeu du salon.
A partir de 8 ans, si vous créez un compte pour votre enfant sur l'ordinateur familial, expliquez-lui le droit à l'image et le droit à l'intimité.

Pas de réseau social AVANT 12 ans :
Continuez à établir des règles claires sur le temps d'écrans.
Déterminez avec votre enfant l'âge à partir duquel il aura son téléphone mobile.
Rappelez régulièrement les 3 règles de base d'Internet à assimiler par tous:
1/ tout ce que l'on y met peut tomber dans le domaine public;
2/ tout ce que l'on y met y restera éternellement
3/ tout ce que l'on y trouve est sujet à caution : certaines données sont vraies et d'autres fausses.

APRES 12 ans :
Votre enfant "surfe" seul sur la toile, mais convenez d'horaires à respecter.
Evitez de lui laisser une connexion nocture illimitée depuis sa chambre.
Discutez avec lui du téléchargement, des plagiats, de la pornographie, du harcèlement,...
Refusez d'être son "ami" sur Facebook.

Les enfants et les écrans

Publié dans Documents pro

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Nouveaux achats

Publié le par Isabelle (nounou)

J'ai fait quelques achats pendant l'été!!

 

* Un nouveau tablier pour protéger les vêtements des petits artistes en herbe (car j'ai fait aussi du tri dans mes placards)

 

* Des assiettes sur le thème de Kangaroo Island : une île australienne où nous étions l'hiver dernier pendant les vacances de Noël.

 

* Des craies triangulaires à la cire d'abeille. ENFIN!! J'ai mis la main dessus par hasard sur un marché du sud de la France!!

 

* Des rouleaux multi motifs et multicolores de masking-tape.

 

 

Nouveaux achats

Publié dans Documents pro

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Commande de Livres

Publié le par Isabelle (nounou)

Lors de ma formation "Adapter sa communication avec l'enfant", la formatrice nous avait apporté plusieurs livres, nous offrant ainsi la possibilité de les feuilleter et d'en découvrir le contenu.

 

J'ai craqué pour 2 livres qui me semblent très intéressants dans l'exercice de mon métier :

 

L'un tourné vers le langage des signes pour les ass mat et les bébés, "L'assistante maternelle et les signes" d'Isabelle Cottenceau

et le second, qui traite de situations concrètes de l'enfant et donne des pistes pour y répondre avec une communication bienvaillante, "J'ai tout essayé !" Opposition, pleurs et crises de rage : traverser la période de 1 à 5 ans" d'Isabelle Filliozat.

 

J'ai hâte de recevoir ma commande!!

Commande de Livres

Publié dans Livres, Documents pro, Formation

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La Motricité Libre expliquée par le RAM d'Issoire

Publié le par Isabelle (nounou)

Je viens de découvrir cet article sur le blog du RAM d'Issoire et je vous le partage car l'explication est claire et j'y ai retrouvé tous les points importants qui font que j'ai adopté cette méthode avec les enfants qui me sont confiés.

"Le mouvement, c'est la vie !

Regard d'un psychomotricien sur la motricité libre...

Publié le 25 Mars 2015

 

Bonjour,

 

Lors de la journée du 19 mars sur la prématurité, nous avons eu l'occasion d’écouter Eric Roméo, psychomotricien en libéral. Il travaille en milieu scolaire et familial, et anime des formations à l'intention des professionnels de la petite enfance. Il a animé une rubrique dans l'émission "Les Maternelles", sur France 5.

Ce dernier s'est exprimé sur le développement moteur des bébés, qu'il soit né prématuré ou né à terme, et la façon dont il accompagne les bébés et de leurs parents.

Son discours très argumenté sur les bénéfices d'une motricité libre, nous conforte dans nos pratiques professionnelles au RAM, mais aussi pour défendre nos conceptions, pas toujours comprises ou partagées par les assistantes maternelles et/ou les familles...

Voici un petit compte-rendu, enrichi de quelques éléments tirés des travaux d'Emmi Pikler.

 

En motricité, deux points essentiels et indissociables :

 

1.La meilleure position pour le bébé, est celle qui est sans risque pour lui, qui lui permet de se sentir confortable et en sécurité. Ce qui veut dire que c'est une position dans laquelle l'adulte peut aussi, en toute sécurité, laisser l'enfant.

2.Pour assurer à tout le monde cette sécurité, il faudra toujours partir de où en est l'enfant, du point de vue moteur, c'est-à dire de ses capacités du moment.

 

La position la plus confortable et la plus sécurisante pour un bébé lors de ses temps d'éveil, est la position sur le dos.

 

En motricité, le développement se fait de la tête vers les pieds (tête/tronc/jambes), la tête étant donc la première partie du corps à bouger (lors des premiers mouvements volontaires). Le développement moteur se fait aussi du milieu vers les extrémités. C'est pourquoi la motricité fine s'acquiert en dernier...

 

Par ailleurs, "le mouvement, c'est la vie", c'est un besoin naturel et incontournable chez les bébés et les jeunes enfants.

En bougeant, le bébé apprend des choses sur lui et sur son corps.

 

Ainsi, lors des premières tentatives de retournements, le bébé expérimente sa capacité à tolérer les sensations de déséquilibre que provoque le basculement de son corps sur le côté. De cette façon, il construit sa conscience de lui-même.

"Quand je tourne, tout vient" : il va développer progressivement un sentiment d'unité, et comprendre la façon dont il est constitué.

Lors du retournement, le bébé apprend, pour la première fois, à prendre appui avec ses mains. Cet apprentissage, qui va se poursuivre lors des expériences suivantes, est essentiel, car c'est grâce à cela que l'enfant, plus tard, mettra ses mains en avant en cas de chute... (réflexe parachute).

 

En bougeant librement, il va acquérir un répertoire large de mouvements variés, ce qui, du point de vue du psychomotricien, est un signe de bonne santé générale.

 

De plus, la motricité libre est un moyen de prévention des chutes et des fractures :

  •  Des chutes, parce que ces enfants développent une très bonne conscience de leur corps, et de leurs limites.
  •  Solidification des os, donc moins de fractures : parce que chaque effort que fournit le bébé lors d'une tentative de mouvement, va provoquer des contractions du muscle sollicité. Ces contractions raccourcissent le muscle, qui va tirer sur les tendons, et enclencher une réaction osseuse : les os se solidifient.

 

Lors de son développement moteur global, le bébé doit passer chronologiquement et progressivement par quatre modes de déplacement (qui peuvent cohabiter à certaines périodes...)

  1.  Le retournement (du dos sur le ventre, puis du ventre sur le dos, jusqu'aux "roulades")
  2. La reptation : ramper
  3. La quadripédie : le 4 pattes
  4. Et enfin, la marche.

Ramper et marcher à 4 pattes sont deux modes de déplacement très importants car ils permettent une coordination du haut et du bas du corps, ainsi qu'une coordination du côté droit et du côté gauche du corps.

Par ailleurs, ces deux modes de déplacement s'effectuent "tête en avant" , ce qui est naturel chez l'enfant, si on laisse la motricité s'exercer librement. Passer sous un tunnel, par exemple, ne leur posera aucune difficulté.

 

Que se passe t-il lorsqu'on met les bébés dans des positions qu'ils n'ont pas encore acquises par eux-même ?

 

  • Lorsque l'on met un bébé dans une position qu'il n'a pas encore acquise, on le met en situation de dépendance vis à vis de l'adulte ("j'ai besoin de toi pour me mettre dans cette position, et j'ai aussi besoin de toi pour me défaire de cette position...").
  • On le met aussi en situation d'insécurité. Il peut éprouver des sensations de déséquilibre désagréables, parce qu'il ne les contrôle pas, il n'en n'a pas la maitrise. Il peut se trouver en équilibre précaire, et faire des efforts qui provoquent des tensions musculaires inconfortables, pour maintenir cet équilibre (en position ventrale, par exemple).
  • On le prive de possibilités de bouger, d'auto-stimulation, et en cela, on peut retarder son développement. Par exemple, si l'on met un enfant debout trop tôt, si on le fait marcher, on risque de lui faire zapper la reptation et le 4 pattes...
  • La position assise trop précoce peut entrainer un retard du réflexe "parachute" (capacité de l'enfant à mettre ses mains en avant en cas de chute), car l'enfant aura moins d'occasions de prendre appui sur ses mains. De plus, elle favorise un déplacement assis, "pieds en avant" (le déplacement assis n'est pas naturel, c'est un moyen que trouvent les enfants pour se déplacer lorsqu'ils ont été assis trop tôt, parce qu'ils n'arrivent pas, ou plus, à trouver la reptation ou le 4 pattes...), qui va perturber d'autres acquisitions : incapacité pour l'enfant de ramper pour passer sous un obstacle, par exemple...

 

Attention à l'utilisation massive des portiques et arches que l'on place au-dessus de la tête des bébés, souvent très tôt et très longtemps !!! Ces derniers maintiennent le bébé dans un rapport uniquement axial (regard et tête toujours dans le même axe), et l'empêchent de tourner sa tête pour explorer visuellement son environnement (en tournant sa tête, l'enfant prépare son retournement sur le côté).

 

Il vaut mieux disposer quelques jouets autour de lui, qu'il peut attraper facilement, et qui vont être une stimulation pour tourner sa tête.

 

Conclusion : il est nécessaire de dissocier les envies, besoins, désirs des adultes, des besoins et capacités réelles des enfants.

L'observation reste un outil indispensable, à condition de savoir quoi regarder ! En cela, l'accompagnement par des professionnelLEs permet de se rendre compte de la richesse motrice des bébés.

Etre vigilant aussi bien sur l'hyper-stimulation des adultes à l'égard des bébés (et la volonté de vouloir les faire avancer trop vite...), que sur l'hypo-stimulation, qui consiste à les surprotéger, et de ce fait, à les empêcher dans leurs initiatives... L'une comme l'autre ne sont pas bénéfiques à l'enfant.

 (...)

Bonne journée, et à bientôt ! "

Publié dans Motricité, Documents pro

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Qu'est-ce que la motricité libre (en images)

Publié le par Isabelle (nounou)

J'ai trouvé sur Internet, 3 illustrations qui résument à merveille la notion de la motricité libre et surtout l'intérêt de cette liberté!

Qu'est-ce que la motricité libre (en images)
Qu'est-ce que la motricité libre (en images)
Qu'est-ce que la motricité libre (en images)

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